mercredi 7 février 2018

CENTROZOON: 217 III (2018)

“There is a fascinating symbiosis behind all this noise which in the end finishes to be an intelligent mix between an abstract concerto and progressive electronic music”
1 Chez Thomas 1 16:07
2 Chez Thomas 2 13:43
3 Chez Thomas 3 8:25
4 Chez Thomas 4 17:12
5 Chez Thomas 5 11:40
6 Chez Thomas Soundcheck 2:34
Iapetus Records (DDL 69:45)
(Ambiosonical, neo-prog electronic and abstract music)
   **Chronique en français plus bas**
Cracklings, white noises and statics sizzlings accompany the soft floating waves which pave the way of "Chez Thomas 1" towards our ears. Layers of a very touching voice and notes of a wandering guitar adorn an electronic landscape of which the sweetness is multiplied by these synth layers and lines which travel between cosmos and Chez Thomas. This opening of the last offering of Centrozoon amazes by its musicality and its tenderness. Hears well that Markus Reuter is starved for bizarre sounds with his guitar and his noisy layers/riffs which make very contrast with the soft chords and layers from Bernhard Wöstheinrich's synth and keyboard. But Centrozoon being what he is, the tumult sprays the serenity of "Chez Thomas 1" towards a cacophony where all the sound elements communicate in a tower of Babel. And like each time, we are being surprised by this din which eventually lays a fascinating cohesion. Melodious? Hardly! As far as we like the signature of King Crimson's improvisations, we plunge cheerfully in the universe of this duet with a very eclectic vision of progressive electronic music. The rhythm becomes very pulsating with a flow always increasing and a meshing between a movement of sequences and a line of percussions which dismember an already spasmodic skeleton. Markus Reuter's guitar roams like the specter of Robert Fripp on this last portion of "Chez Thomas 1" which is surprisingly musical.
We keep following the North American tour of Centrozoon by the means of a series of recordings of these concerts that the duet Wöstheinrich/Reuter proposes on the download site of Iapetus. “217 III” is a part of an impressive collection of these recordings which now counts12 albums, all available in digital format only. This last stop brings us in the city of Mount Laurel, in New Jersey, more exactly at Chez Thomas on November 5th of 2016. The recording is presented such as recorded, that is without fineries nor gilt, and proposes 5 evolutionary structures which go from noisy ambient moments to cacophonous progressive E- rock which are more attractive than repellent. In brief, EM without brands. Otherwise abstract music! But a rendezvous with Centrozoon always stays something very satisfying. Let's hear "Chez Thomas 2" which proposes a concert of very diversified bells in order to conquer our ears. The movement is without rhythm, but very noisy with good percussive effects which sneaks throughout a thick painting of colorful chimings. A bass line snores in the background while the angelus pursues its tinkled homily. Very frankly, "Chez Thomas 2" seem to go nowhere. And the last moments prove us that one should never throw the towel too fast with Centrozoon, because the title stretches a finale in a slow but lively evolutionary phase. "Chez Thomas 3" comes along with a heavy, ambient and gradually cacophonic structure. After an introduction of dissonant ambiences, the riffs of guitar and the percussions get bickering. And it's this latter which win the debate by structuring a rhythm clearly more lively which melts on the other hand rather quickly in this blaring ambience stoned to death by riffs and by good effects of percussions. "Chez Thomas 4" sows confusion between ambiences, noisy rhythms and these melodic effects shucked like shame in time. The bass line waves lustfully on a structure sometimes seraphic, moved by a nice layer of voices, and sometimes cacophonous propelled by riffs, jingles and noisy effects. "Chez Thomas 5" offers another structure signed Centrozoon. A structure where reigns a disorder semi harmonious and semi organized and where the chaos of sounds and of the percussive effects sculpts transitory rhythms before benefiting from a more serene second part with stars which tinkle on riffs always thirsty but more and more satisfied. And if you have this desire to kick down wide open your ears or to scare off the neighborhood, one puts the volume of "Chez Soundcheck" at its highest point and we wait and we listen the storm passed by… There is a fascinating symbiosis behind all this noise. For a public fond of sounds above all!
Sylvain Lupari (February 7th, 2018) ***½**

You will find this album on Iapetus Bandcamp site
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CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Des grésillements, des bruits blancs et statique accompagnent les douces vagues flottantes qui pavent la voie de "Chez Thomas 1" vers nos oreilles. Des nappes de voix très ombrageuses et des accords d'une guitare errante ornent un paysage électronique dont la douceur est multipliée par ces nappes de synthé qui voyagent entre le cosmos et Chez Thomas. Cette ouverture de la dernière offrande de Centrozoon étonne par sa musicalité et sa tendresse. En entend bien que Markus Reuter est affamée de bizarretés soniques avec sa guitare et ses couches/riffs tapageurs qui fait très contraste avec les doux accords et les tendres nappes de synthé et de clavier de Bernhard Wöstheinrich. Mais Centrozoon étant ce qu'il est, le tumulte pulvérise la sérénité de "Chez Thomas 1" vers une cacophonie où tous les éléments sonores communiquent dans une tour de Babel. Et comme à chaque fois, on se laisse surprendre par ce tintamarre qui finit par coucher une fascinante cohésion. Mélodieux? À peine! Pour autant que l'on aime la signature des improvisations de King Crimson, on nage allégrement dans l'univers de ce duo à la vision très éclectique de la musique électronique progressive. Le rythme devient très pulsatif avec un débit toujours croissant et un maillage entre un mouvement de séquences et une ligne de percussions qui démembrent une ossature déjà spasmodique. La guitare de Markus Reuter rôde comme le spectre de Robert Fripp sur cette dernière portion de "Chez Thomas 1" qui est étonnement musical.
On continue de suivre la tournée Nord-Américaine de Centrozoon par le biais d'une série d'enregistrements de ces concerts que le duo Wöstheinrich/Reuter propose sur le site de téléchargement de Iapetus. “217 III” fait partie d'une impressionnante collection de ces enregistrements qui compte actuellement 12 albums, tous disponibles en format numérique seulement. Ce dernier arrêt nous amène en la ville de Mount Laurel, au New Jersey, plus précisément au Chez Thomas le 05 Novembre 2016. L'enregistrement est et présenté tel qu'enregistré, soit sans parures ni dorures, et propose 5 structures évolutives qui transitent entre de l'ambiant tapageur et des rythmes cacophoniques plus séduisants que repoussants. Bref, de la bonne musique électronique progressive sans étiquettes. Sinon abstraite! Mais un rendez-vous avec Centrozoon reste toujours quelque chose de très satisfaisant. Entendons "Chez Thomas 2" qui propose un concert de tintements, très diversifiés, afin de conquérir nos oreilles. Le mouvement est sans rythme, mais très bruiteux avec de bons effets percussifs qui s'insinuent au travers une épaisse toile de tintements bigarrés. Une ligne de basse ronfle en arrière-plan alors que l'angélus poursuit son homélie carillonnée. Bien franchement, "Chez Thomas 2" ne semble aller nulle part. Et les derniers instants nous prouvent qu'il ne faut jamais lancer la serviette trop vite avec Centrozoon, car le titre étire une finale dans une lente phase évolutive vivante. "Chez Thomas 3" s'amène avec une structure lourde, ambiante et graduellement tintamarresque. Après une introduction d'ambiances cacophoniques, les riffs de guitare et les percussions se chamaillent. Et ce sont ces dernières qui remportent le débat en structurant un rythme nettement plus enlevant qui fond par contre plutôt rapidement dans cette ambiance tonitruante lapidée de riffs et de bons effets de percussions. "Chez Thomas 4" sème la confusion entre ambiances, rythmes tapageurs et ces effets mélodique égrenés comme une honte dans le temps. La ligne de basse ondule vicieusement sur une structure tantôt séraphique, mue par une belle nappe de voix, et tantôt cacophonique et propulsée par des riffs, des cliquetis et des effets cogneurs. "Chez Thomas 5" offre une autre structure signé Centrozoon. Une structure où règne un désordre semi harmonique et semi organisée où le chaos des sons et des effets percussifs sculpte des rythmes transitoires avant de bénéficier d'une seconde partie plus sereine où tintent des étoiles sur des riffs toujours assoiffés mais de plus en plus rassasiés. Et si vous avez le goût de vous défoncer les oreilles ou de faire fuir le quartier, on met le volume de "Chez Soundcheck" et on attend et on entend la tempête passée… Il y a une fascinante symbiose derrière tout ce tapage. Pour un public friand des sons avant tout!

Sylvain Lupari 07/02/2018

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