mercredi 18 avril 2018

AKIKAZE: Blue Sky Events (2014-2018)

“Multiple shifting phases with a solid links between, Blue Sky Events proposes an EM that should please the fans of IC's easy listening EM”
1 Blue Sky Events 16:18
2 Twist of Fate 9:13
3 Heart to Heart 5:16
4 Rebound 34:05
5 Leap of Faith 13:40

Syngate Wave | PCX5 (CD-r/DDL 78:40)
(Melodious evolving EM)
  **Chronique en français plus bas**

Peipijn Courant is another veteran on the scene of EM of the Berliner style which quietly seems to want to come out from the oubliette. After a very convincing first comeback album in Solstice last year, the musician behind Akikaze gives the ok to a reedition of his last solo album of which the release in December 2014 coincided with his 25 years of career. Consisted between October and November, 2014, the music of “Blue Sky Events” wears this small retro cachet which suits quite well with an artwork, terrible I grant it, which incites the eyes, and the ears, to run away towards paradisiac islands. And who saiys Akikaze says also long structures in movements with a touch of romanticism which makes the music of the Dutch musician more attractive and more effective than a first judgment lets appear.
An acoustic guitar launches the debate before that jerky orchestrations a la Tomita, Snowflakes are Dancing, propel the soft acoustic romance straight down to the bottom of our eardrums. Bass drums add a dramatic weight while the chirping of the electronic effects place the title-track in the comfort of its elements. The rhythm which follows is as much fluid as a race against the death with a good sequenced movement to which Akikaze adds nuances in the tones. A refrain a little baroque divides this wild rhythm which starts up again with a renewed vigor from a bass line capable of supporting this electronic rhythm inhabited by its phases of hesitation. These phases moreover which slow down the race of "Blue Sky Events" also propel the music towards new levels with the addition of orchestrations and of synth effects as harmonious as those of the 70's from the French exploratory movement. The strength of this album, and I believe that it's also one of the strengths of Peipijn Courant, is undoubtedly the subtle evolutions in the 16 minutes of "Blue Sky Events", and it's the same thing moreover for the gigantic "Rebound". Following the same main thread, the music, its harmonies and its effects, is constantly challenged by new elements which are grafted to the vertiginous race of the rhythm. A short acoustic interlude proposes a small phase of rest for neurons before the rhythm makes a strong comeback with a more electronic envelope which reminds me the music of Space Art or yet Michael Garrison. This duel between the analog perfumes and those more contemporary add a strong element of charm to this structure where the bass lines swallow the electronic percussions which nevertheless give some tonus to the metamorphic phases of this very good title-track. After a delicious introduction marked under the sign of an Irish bucolic romance, the flute of "Twist of Fate" leaves room to a more baroque approach with a very Tangerine Dream sequencing pattern of the Jive years which makes its keys skip in the vampiric layers of a dark organ. Even in its 9 minutes, this title, written in 1994 with Lambert Ringlage, also plays on these structures of pink-candies tunes with a cheerful flute which lets a more rock and dark approach devoured its rural instincts. This is melodious and the flute charms my beautiful Lise. That gives you an idea!
"Heart to Heart" is a title without rhythm, set apart for its bed of cardiac pulsations, where an electric guitar cries on a dense one décor of mist which derives in a cosmic approach. The beginning of "Rebound" is going to make you jump with a sound editing which seems to me to botched where noise of a delirious crowd roared out in our eardrums without warnings. No fade-in! I found that very unpleasant. We find the same thing on the original recording. Effects of fireworks, romantic guitar, astral keyboard and dreamy vibes, its 34 minutes adopts the shape and the evolutionary pattern of the title-track. The title is divided into several phases which go from pure electronic rock, driven quite hard by excited sequences, to cute and bucolic melodies, to some easy-listening EM and to ambiences which serve as springboard to divide the multiple phases of a title of which the many changes make us unhook by places. Divided into two segments, "Leap of Faith" proposes an introduction of ambient elements weaved on foggy layers where cries a synth and its lines of choir. This very nostalgic approach melts into an electronic tango led by a keyboard as much changeable in its approach than the structural flashes of lightning which lead the multiple phases bound by a work of monk in this “Blue Sky Events”.
An honest album with weaknesses at the level of the recording (fade - out and debuts are lacking finish) which annoy but decrease not at all the talent of Akikaze sound writer. The fans of light EM that we find on the IC label, I think among others of Megabyte, TeeKay, G.E.N.E. and the more commercial albums of Software, should like this album eyes closed!

Sylvain Lupari (April 18th, 2018) ***½**
You will find this album on SynGate Webshop
Peipijn Courant est un autre vétéran sur la scène de la MÉ de style Berliner qui tranquillement semble vouloir ressurgir des oubliettes. Après un premier album retour très convaincant en Solstice l'année dernière, le musicien derrière Akikaze donne le go à une réédition de son dernier album solo dont la sortie en Décembre 2014 coïncidait avec ses 25 ans de carrière. Composée entre Octobre et Novembre 2014, la musique de “Blue Sky Events” arbore ce petit cachet rétro qui s'accorde assez bien avec une pochette, affreuse je le concède, qui incite les yeux, et les oreilles, à s'enfuir vers des iles paradisiaques. Et qui dit Akikaze dit aussi longues structures en mouvements avec une touche de romantisme qui rend la musique du musicien Hollandais plus attrayant et plus efficace qu'un premier jugement laisse paraître.
Une guitare acoustique lance le débat juste avant que des orchestrations saccadées à la Tomita, Snowflakes Are Dancing, propulsent la douce romance acoustique tout au fond de nos tympans. Des grosses caisses ajoutent un poids dramatique alors que le pépiement des effets électroniques situent la pièce-titre dans le confort de ses éléments. Le rythme qui suit est aussi fluide qu'une course contre la mort avec un bon mouvement séquencé auquel Akikaze ajoute des nuances dans le ton. Un petit refrain baroque divise ce rythme effréné qui repart de plus belle avec une ligne de basse capable d'épauler ce rythme électronique habité par ses phases d'hésitation. Ces phases d'ailleurs qui ralentissent la course de "Blue Sky Events" propulsent aussi la musique vers de nouveaux niveaux avec l'ajout d'orchestrations et d'effets de synthé aussi harmonieux que ceux des années 70 du mouvement exploratoire Français. La force de cet album, et je crois que c'est aussi une des forces de Peipijn Courant, est sans aucun doute les subtiles évolutions dans les 16 minutes de "Blue Sky Events", et c'est la même chose pour le gigantesque "Rebound". Suivant un même fil conducteur, la musique, ses harmonies et ses effets, est constamment défiée par des nouveaux éléments qui se greffent à la course vertigineuse du rythme. Un petit intermède acoustique propose une courte phase de repos pour les neurones avant que le rythme ne revienne en force avec une enveloppe plus électronique qui me fait penser à la musique de Space Art ou encore de Michael Garrison. Ce duel entre les parfums analogues et ceux plus contemporains ajoutent un fort élément de charme à cette structure où les lignes de basses avalent les percussions électroniques qui pourtant donnent du tonus aux phases métamorphiques de cette très bonne pièce-titre. Après une savoureuse introduction marquée sous le signe d'une romance bucolique Irlandaise, la flûte de "Twist of Fate" laisse place à une approche plus baroque avec un séquenceur très Tangerine Dream des années Jive qui fait sautiller ses ions dans les nappes vampiriques d'un orgue ténébreux. Même dans ses 9:13, ce titre, composé en 1994 avec Lambert Ringlage, joue aussi sur ces structures de refrains rose-bonbons avec une flûte enjouée qui laisse une approche plus rock et sombre dévorée ses instincts champêtres. C'est mélodieux et la flûte charme ma belle Lise. Ça vous donne une idée!
"Heart to Heart" est un titre sans rythme, sauf pour son lit de pulsations cardiaques, où une guitare électrique pleure sur un dense décor de brume qui dérive dans une approche cosmique. Le début de "Rebound" va vous faire sursauter avec un montage sonore qui me semble bâclé où bruit d'une foule en délire rugi dans nos tympans sans avertissements. Pas de fade-in! J'ai trouvé ça très désagréable. On trouve la même chose sur l'enregistrement original. Effets de feux d'artifice, guitare romanesque, clavier astral et ambiances rêveuses, ses 34 minutes épousent le processus évolutif de la pièce-titre. Le titre est divisé en plusieurs phases qui vont du pur rock électronique, mené de plein fouet par des séquences fiévreuses, à de belles mélodies accroche-cœur et bucoliques, à des structures un peu New Age bien sobre et des ambiances qui servent de tremplin pour diviser les multiples phases d'un titre dont les moult changements nous font décrocher par endroits. Divisé en deux segments, "Leap of Faith" propose un introduction d'ambiances tissées de nappes brumeuses où pleure un synthé et ses lignes de chœur. Cette approche très nostalgique se fond dans un tango électronique mené par un clavier aussi versatile dans son approche que les éclairs structuraux qui mènent les multiples phases liées par un travail de moine dans ce “Blue Sky Events”.
Un album honnête avec des failles au niveau de l'enregistrement (les fade-out et les débuts manquent de fini) qui agacent mais ne diminuent en rien la talent de scripteur sonique de Akikaze. Les amateurs de la musique légère du label IC, je pense entre autres à Megabyte, TeeKay, G.E.N.E. et les albums plus commerciaux de Software devraient aimer cet album les yeux fermés!

Sylvain Lupari (18/04/2018)

lundi 16 avril 2018

STEPHAN WHITLAN: Second Site (2018)

“It's good to hear EM centered on synths and synths! Solos are flying all over minimalist rhythmic patterns which in the end are built on a mix of England and Berlin Schools”

1 Odyssey '93 12:00
2 Leitrim 11:46
3 ... Too much time 4:59
4 Spacetime 14:24
5 Sad Day 11:57
6 Pulsetrain 9:27
7 Untitled 13:56

Groove | GR-244 (CD/DDL 78:28)
(England & Berlin Schools)
**Chronique en français plus bas**
Things get crowded in Stephan Whitlan's universe. After his participation at the Awakenings Festival in November 2017 and his collaboration album with Ron Boots, Seven Days, the Irish musician confirms his come back with a new album filled of old music. The compositions on “Second Site” go back at beginning of the Map Reference period and were played, well for most of them, within the framework of Awakenings with Ron Boots, Frank Dorritke and Harold van der Heijden. And a little like in Seven Days, the electronic music of Stephan Whitlan bases mainly on synths. The sequencer multiplies the axes of minimalist rhythms to which are grafted at times another line to support the acrobatic pirouettes of the soloes of synths which don't trivialize at any times their harmonious approaches.
"Odyssey ' 93" doesn't waste time. The sequences are nervous and sculpt a vivid approach which skips in the synth vapors perfumed of Tangerine Dream, era the 80's. The synth already coos with dreamy solos, such as a loving heart filled with nostalgia. Running over the 12 minutes of the title, these solos represent the quintessence of EM, a little as a very good guitarist of Jazz with agile fingers which are connected to the emotions of Stephan Whitlan. Little carillons begin tinkling around the 6th minute. Set apart these ringings and an emotive gradation in the synth vapors, always very TD, and in the ornamental elements, "Odyssey ' 93" pursues a minimalist path with just enough swiftness in its passionate bolero to keep the interest of my ears. I like "Leitrim" very much. It's this kind of a heart crush that will give you the goosebumps with wonderful solos as acute and precise than the charms of an opera singer. The rhythm is all the opposite of "Odyssey ' 93", in fact one would say a kind of remix in its structure of rhythm, with a slower approach which leans on percussions and good effects of percussions. "... Too Much Time" breaks the mold of the hypnotic charms with a nervous approach set on the use of an imaginary xylophone. In Stephan Whitlan's universe, the synthesizer is important just as much than the guitar for Mike Oldfield. I like doing the parallel here because this short title does very MB with a nice little bucolic and quite cute tune in flute which gets loose from a structure overhung by a rhythm driving with the greed of a train to eat its own rails.
Except for its introduction, and a short ambiospherical passage, "Spacetime" has absolutely nothing of a title of cosmic ambiences. The first movement of the sequencer forges a spheroidal rhythm which is of use as basis to a synth always very creative, both at the level of the solos and of the effects, which sound like a life in an airlock, and segments of melodies which are scattered on a rhythmic structure sometimes discreet and sometimes dominant. "Sad Day" carries with dignity the sense of its naming. The music is charmingly tinted with an approach of dark and poetic movie of the French cinema in the 60-70 years. The rhythm is pulsating but not really livened up. The pulsations are rather of use as a rhythmic bed to a synth which spreads superb solos over its 12 minutes. Sober and lugubrious, the structure of rhythm shakes a more crystalline shadow which gets excited in some places, amplifying these shivers which run over our arms in front of these dreamy and extremely melancholic solos. "Pulstrain" is all in sequences! Whitlan uses a structure where the sequencer releases some lines of rhythms which skip with an effect of gap, so settling a spasmodic but not really very excited rhythm, where pour in harmonious vapors always very TD, period 80's. In spite of a strong essence of the MIDI years, the movement remains rather attractive and Whitlan inserts even a suite of harmonious sequences to it. "Untitled" begins our journey towards the unknown with a very spatial opening. On the narration of a voice in background the sequences begin swirling as snatched in sinusoidal winds. The décor makes strangely very wintry music and the voice reminds me of Mike Oldfield in Ommadawn (Horseback). Shimmering elements and electronic effects remain in suspension to follow finally a charming circular curve (you remember Lucky Charms?). And then the voice switches off these atmospheres of cosmic carnival to dip back this title towards these circular phases which this time hang on to a structure of Boom-Boom-Tschitt Tschitt where dance and spin around another avalanche of solos which sound very musical in spite of an envelope of improvisation. If the first part is soberer, "Untitled" explodes in its 2nd half, both in the rhythm and in the intensity in the ambiences as well as in the bites of the synth solos.
Even if Stephan Whitlan presents us old material, I quite liked this 2nd rendezvous with this English musician forgotten in this avalanche of emergent artists in an EM of the kind since a dozen years. His music is very different with a clear propensity for the harmonious side and for the use of synths, letting the sequencers play their roles of rhythms builder. At this level, the synth and the sequencer agree marvelously on “Second Site” and it's perfect for our ears.

Sylvain Lupari (April 16th, 2018) ***¾**
You will find this album on Groove NL
Les choses se bousculent dans l'univers de Stephan Whitlan. Après sa participation au Festival Awakenings en Novembre 2017 et son album en collaboration avec Ron Boots, Seven Days, le musicien Irlandais confirme son retour avec un nouvel album bourré de vieilles musiques. Les compositions sur “Second Site” remontent à la période pré Reference Map et ont été interprétées, pour la plupart, dans le cadre du Awakenings avec Ron Boots, Frank Dorritke et Harold van der Heijden. Et un peu comme dans Seven Days, la musique électronique de Stephan Whitlan repose principalement sur les synthés. Le séquenceur multiplie les axes de rythmes minimalistes où se greffent par moments une autre ligne afin de soutenir les pirouettes acrobatiques des solos de synthés qui ne banalisent en aucun moment leurs approches harmoniques.
"Odyssey '93" ne perd pas de temps. Les séquences sont nerveuses et sculptent une vive approche qui sautille dans des vapeurs de synthé parfumées de Tangerine Dream, années 80. Le synthé roucoule déjà avec des solos rêveurs, comme un cœur amoureux rempli de nostalgie. Courant sur les 12 minutes du titre, ces solos représentent la quintessence de la MÉ, un peu comme un très bon guitariste de Jazz, avec des doigts agiles qui sont connectés avec les émotions de Stephan Whitlan. Des petits carillons se mettent à tinter autour de la 6ième minute. Mise à part ces tintements et une gradation émotive dans les vapeurs de synthé, toujours très TD, et dans les éléments décoratifs, "Odyssey '93" poursuit une route minimaliste avec juste assez de vélocité dans son boléro passionnel pour maintenir l'intérêt de mes oreilles. J'aime beaucoup "Leitrim". C'est le genre de musique coup-de-cœur qui donne la chair de poule avec de superbes solos aussi aigues et précis que les charmes d'une cantatrice. Le rythme est tout le contraire de "Odyssey '93", en fait in dirait un remixe dans sa structure de rythme, avec une approche plus lente qui mise sur des percussions et de beaux effets de percussions. "... Too Much Time" casse le moule aux charmes hypnotiques avec une approche nerveuse arquée sur l'utilisation d'un xylophone imaginaire. Dans l'univers de Stephan Whitlan, le synthétiseur est tout autant important que la guitare pour Mike Oldfield. J'aime la parallèle car ce court titre fait très MO avec un beau petit refrain bucolique en flûte et tout mignon qui se détache d'une structure surplombée par un rythme roulant avec la gourmandise d'un train pour manger ses rails.
À part son introduction, et un court passage ambiosphérique, "Spacetime" n'a absolument rien d'un titre d'ambiances cosmiques. Le premier mouvement du séquenceur forge un rythme sphéroïdal qui sert d'assise à un synthé toujours très créatif, tant au niveau des solos que des effets, qui font très intérieur d'un sas, et des segments de mélodies qui sont éparpillés sur une structure rythmique tantôt discrète et tantôt dominante. "Sad Day" porte dignement le sens de son titre. La musique est délicieusement teintée d'une approche de film sombre et poétique du cinéma français des années 60-70. Le rythme est pulsatif mais pas vraiment animé. Les pulsations servent plutôt de lit rythmique à un synthé qui répand de splendides solos sur près de 12 minutes. Sobre et lugubre, la structure de rythme agite une ombre plus cristalline qui s'excite à quelques endroits, amplifiant ces frissons qui nous parcourent les bras devant ces solos rêveurs et archi mélancoliques. "Pulstrain" est tout en séquences! Whitlan utilise une structure où le séquenceur libère quelques lignes de rythmes qui sautillent avec un effet de décalage, arrangeant ainsi un rythme spasmodique, mais pas vraiment très excité, où coulent des vapeurs harmoniques toujours très TD, période 80. Malgré une forte essence des années MIDI, le mouvement reste assez séduisant et Whitlan insère même une suite de séquences harmoniques. "Untitled" amorce notre voyage vers l'inconnu avec une ouverture très spatiale. Sur les narrations d'une voix en arrière-scène les séquences se mettent à tournoyer comme happées dans des vents sinusoïdaux. Le décor fait étrangement très musique hivernale et la voix me fait penser à du Mike Oldfield dans Ommadawn (Horseback). Les éléments carillonnants et les effets électroniques demeurent en suspension pour finalement suivre un courbe circulaire enchanteresse (vous vous souvenez des Lucky Charms?). Et puis la voix éteint ces ambiances de carnaval cosmique pour replonger ce titre vers ces phases circulaires qui cette fois-ci s'accrochent à une structure de Boom-Boom-Tschitt Tschitt où dansent et tournicotent un autre torrent de solos qui sonnent très musicaux en dépit d'une enveloppe d'improvisation. Si la première partie est plus sobre, "Untitled" explose en 2ième moitié, tant en rythme qu'en intensité dans les ambiances et dans les morsures des solos de synthé.  
Même si Stephan Whitlan nous présente du vieux matériel, j'ai bien aimé ce 2ième rendez-vous avec ce musicien Anglais oublié dans cette avalanche d'artistes émergents en MÉ du genre depuis une douzaine d'années. Sa musique est très différente avec une nette propension pour le côté harmonique et pour l’utilisation des synthés, laissant les séquenceurs jouer le rôle de constructeurs de rythmes. À ce niveau, le synthé et le séquenceur s'accordent à merveille sur “Second Site” et c'est parfait pour les oreilles.

Sylvain Lupari (16/04/18)

samedi 14 avril 2018


“This is another very solid album of purely Berlin School out of Groove. But are we surprised that much!?”

1 In Traffic 20:16
2 Morning Flight 8:55
3 Walking Marley 9:33
4 Last Day 6:57
5 Slab 17:53

Groove | GR-233 (CD/DDL 63:35)
(Sequencer-based Berlin School)
Chronique en français plus bas**

Ron Boots is a tireless worker and an unavoidable visionary in the field of EM. Year after year, his label Groove realizes a little find or digs up a one of the old guard. And 2017 is no exception! We were entitled to the splendid Sequencer Rarities from Rudy Adrian, besides of the very strong Fine Tunes from Beyond Berlin. And now it's the turn of Stephan Whitlan to get out of the shade and offer a very good album of an EM built on the bases of old good Berlin School. Except to have heard his music with Graham Getty (Higher Green Session) and this infernal title in E-Scape on 2016, Deaf Four Longer, I know Stephan Whitlan only of name and reputation. We speak here about a precursor in the time of EM performed in the Sheffield circle, with John Dyson, who released a couple of albums in the course of a career filled with breaks and which goes back to 1994 with a first album, very well received by the critics of the time, Map Reference. As its title seems to indicate it, “Seven Days” was conceived in seven days. Stephan Whitlan arrived with his ideas at Ron Boots' studios and together they shaped a strong and fair album which exceeds the 63 minutes of an EM concentrated on evolutionary movements of sequencers and on the unequivocal art of the synths control where soloes rain down from everywhere over the minimalist paths of “Seven Days”.
Sibylline voices, wooshh and wiishh dragging particles of synthesizers and a laconic pulsation initiate our interest for “Seven Days”. The winds metamorphose into metallic colors while breaths of synths coo as these nightingales always sleepy. We are literally in the den of old Berlin School with these improvised solos which float among hallucinogenic mists, while the pulsation waits slowly for a way of exploring an axis of more livened up rhythm. But it is some sequences instead which sparkle and flash on the spot near the 3rd minute. They gambol and skip innocently, structuring a first phase of ambient and circular rhythm which modifies its axis at around the 6th minute with the arrival of the percussions and of another line of sequences which is showing its more melodious assets. Playing a little on the limits of a Bolero structure, "In Traffic" is gradually transformed into a strong electronic rock rather lively with lines of sequences which compete with the sober percussions and a solid line of bass. These rhythmic elements well installed, Ron Boots and Stephan Whitlan sculpture now some wonderful synth solos which overfly the increasing ascent of "In Traffic" such as sound squadrons, adding more weight and passion to this very good upward velocity which guides another monument of a minimalist Berlin School to be taken out of the Groove studios. Three shorter structures, all livened up by a good rhythmic life, nest between two long minimalist monuments of this album. "Morning Flight" bites our eardrums straight away with electronic percussions, kind of flying castanets, which call back one of the many good passages of Dark Side of the Moog IX. A line of bass sequences structures a catchy tempo where layers of synths with astral colors float with a harmonious precision on a semi-ambient movement. The synth blows here a nice spectral melody while the rhythmic structure stuffs itself with percussions and with sequenced arpeggios which sound at times like these African harmonious percussions. Those who think of Peter Baumann here are in the right move. There is also a little scent of Ron Boots in this title which reminds me some of the beautiful melodious passages of his Dreamscape.
The addicts of synth solos will be still delighted by those in this title and as well as in the strange staggering structure of "Walking Marley". A title that we can easily compare with Johannes Schmoelling's universe with a world all in contrasts and very catchy to the ear. An organic texture soaks in this pretty nice sound decor of which the wealth is divided with a very beautiful contribution of the many synth solos and ear-catchy percussive effects among which those rattler tones. Simple but terribly effective! In a slower, a more hesitating approach, "Last Day" takes also this frivolous and uncertain approach of "Walking Marley". The rhythm skips like these steps and these light jumps of Fred Astaire dancing on clouds. It's purely cute and rather easy to hook on it. "Slab" concludes this album with strength. The structure is another upward phase of which the kind of Bolero and intensity is equal to "In Traffic". The movement is more spasmodic and strongly bombarded by good percussions and a line of bass which crushes you to the senses. The solos which shout here suggest an approach more Netherlands School, more personal to Ron Boots, even with this sibylline zest which wraps a suite of rhythmic spasms where fly and spin so many synth solos. The rhythm takes a more fluid, a more rock, tangent after a short ambiospherical interlude filled with effects all so attractive, so giving the taste to restart the adventure of “Seven Days” to zero. Another solid album from Groove!
Sylvain Lupari (April 14th, 2018) ***¾**
You will find this album on Groove NL
Ron Boots est un infatigable travailleur et un incontournable visionnaire dans le domaine de la MÉ. Année après année, son label Groove réalise une petite trouvaille ou déterre un vieux de la vieille. Et 2017 ne fait pas exception! Nous avons eu droit à un splendide Sequencer Rarities de Rudy Adrian, en plus du très solide Fine Tunes de Beyond Berlin. Et c'est au tour de Stephan Whitlan maintenant de sortir de l'ombre afin d'offrir un très bon album d'une MÉ construite sur les bases du vieux bon Berlin School. Hormis pour avoir entendu sa musique avec Graham Getty (Higher Green Session) et cette pièce infernale dans E-Scape 2016, Deaf Four Longer, je connais Stephan Whitlan que de nom. On parle ici d'un précurseur dans le temps de la MÉ de Sheffield, avec John Dyson, qui a réalisé quelques albums au fil d'une carrière remplie de pauses qui remonte à 1994 avec son premier album, fort bien reçu par les critiques de l'époque, Map Reference. Comme son titre l'indique, “Seven Days” a été conçu en sept jours. Stephan Whitlan est arrivé avec ses idées dans les studios de Ron Boots et ensemble ils ont façonné un solide et honnête album qui dépasse les 63 minutes d'une MÉ concentrée sur des mouvements évolutifs des séquenceurs et un art sans équivoque du maniement des synthés où les solos pleuvent de partout sur les routes minimalistes de “Seven Days”.
Des voix sibyllines, des wooshh et des wiishh trainant des particules de synthétiseurs et une pulsation laconique débloquent notre intérêt pour “Seven Days”. Les vents se métamorphosent dans des coloris métalliques alors que des souffles de synthés roucoulent comme ces rossignols toujours endormis. Nous sommes littéralement dans l'antre du vieux Berlin School avec ces solos improvisés qui flottent parmi ces brumes hallucinogènes, alors que la pulsation attend lentement une façon d'explorer un axe de rythme plus animé. Mais ce sont des séquences qui scintillent et pétillent autour de la 3ième minute. Elles se gambadent et sautillent innocemment, structurant une première phase de rythme ambiant et circulaire qui modifie son axe autour de la 6ième minute avec l'arrivée des percussions et d'une autre ligne de séquences aux atouts plus mélodieux. Jouant un peu sur les limites d'une structure en Boléro, "In Traffic" se transforme graduellement en un solide rock électronique assez entraînant avec des lignes de séquences qui rivalisent avec des percussions sobres et une solide ligne de basse. Les éléments rythmiques bien installées, Ron Boots et Stephan Whitlan sculptent maintenant de superbes solos de synthé qui survolent la croissante ascension de "In Traffic" comme des escadrons soniques, ajoutant plus de poids et de la passion à cette très bonne vélocité ascensionnelle qui guide un autre monument de la Berlin School minimaliste à sortir des studios de Groove. Trois plus courtes structures, tous animées d'une bonne vie rythmique, nichent entre les deux longs monuments minimalistes de “Seven Days”. "Morning Flight" mord tout de suite nos tympans avec des percussions électroniques, genres castagnettes volantes, qui rappellent un des bons passages de Dark Side of the Moog IX. Une ligne de basse séquences structure un tempo accrocheur où nappes de synthés aux couleurs astrales flottent avec une précision harmonique sur un mouvement semi-ambiant. Le synthé souffle ici une belle mélodie spectrale alors que la structure rythmique se gave de percussions et d'arpèges séquencés qui sonnent par moments à ces percussions harmoniques africaines. Ceux qui pensent à Peter Baumann ici n'ont pas tout à fait tort. Il y a un petit côté assez Ron Boots dans ce titre qui me rappelle les beaux passages mélodieux de Dreamscape.
Les amateurs de solos de synthé seront encore ravis par ceux dans ce titre et ainsi que dans l'étrange structure titubante de "Walking Marley". Un titre que l'on peut facilement comparer à l'univers de Johannes Schmoelling avec un monde tout en contraste et très accrocheur à l'oreille. Une texture organique imprègne ce très beau décor sonique dont la richesse est partagée avec une très belle contribution de solos de synthé et de beaux effets de percussions crotales. Simple mais diablement efficace! Dans une approche plus lente, plus hésitante, "Last Day" épouse un peu l'approche frileuse et incertaine de "Walking Marley". Le rythme sautille comme ces pas et ces bonds légers de Fred Astaire dansant sur des nuages. "Slab" conclût cet album avec force. La structure est une autre phase ascensionnelle dont le genre Boléro et intensité accote "In Traffic". Le mouvement est plus spasmodique et fortement pilonné par de bonnes percussions et une ligne de basse qui vous rentre dans les sens. Les solos qui crient ici suggèrent une approche plus Netherlands School, plus personnel à Ron Boots, même avec ce zest sibyllin qui enveloppe une suite de spasmes rythmiques où volent et virevoltent moult solos de synthé. Le rythme prend une tangente plus fluide, plus rock même, après une courte interlude ambiosphérique rempli d'effets tous aussi séduisants, donnant ainsi le goût de repartir l'aventure de “Seven Days” à zéro. Un autre solide album de Groove!
Sylvain Lupari (14/04/18)

vendredi 13 avril 2018

INDRA: Archives-Diamond Five (2016)

“Nothing more, nothing less, this Diamond Five pursues the same paths of minimalist poetry which have forged the 5 albums of this Diamond chapter”

1 Elegy for Theya 13:49
2 Mar 18:18
3 Three of a Kind 16:13
4 Innerspace 17:35
5 La Cappella 10:55

Indra Music (CD/DDL 76:53)
(Roumanian School)
   **Chronique en français plus bas**
Nothing more, nothing less, “Diamond Five” pursues the same paths of minimalist poetry which forge the 5 albums of this Diamond section from the Rumanian sonic bard. Murmurs of castratoes choir are covering of a layer of ethereal voices the sound honeys which decorate the nebulous opening of "Elegy for Theya". Synth layers float idly in the caresses of these voices of eunuchs which sometimes stretch their juvenile tenderness with a gradation of drama in their octaves. Slow and meditative, "Elegy for Theya" condemns its first 7 minutes on these songs and other murmurs on synth waves fill of anesthetizing perfumes. Pulsations emerge from a dense celestial mist after these 7 minutes. Its beatings are as soft as a heart in state of hibernation and they synchronize the ambient beat with this pond of chaste voices and other glittering electronic effects. From not much, Indra does big things because the Rumanian musician is passed master in the art of minimalist EM. Like here where his hypnotic prose, always haloed with chloroformed synth layers, nails us to our earphones. "Mar" follows the same rules but with a little more tonus in the rhythm which, this time, is sculpted on a rotatory movement of the sequencer. The oscillation of the chords proposes nuances in the color and in the beatings and Indra adds little by little his sound elements which make the charms of his talent of sound hypnotist. Here, it's pulsations loaded of resonances, jingles, percussions of which the random blows amplify this Indra charm, because we feel that something is not in its place anymore, and finally fine synth solos charmer of senses. The spheroidal march of "Mar" proposes a soft velocity, hardly amplified, as much in the pace as this rotary movement of the sequencer of which the harmonious keys tinkle more and more. Velocity or not, percussions or not, the ear-catchy evolution of "Mar" stays all the same in the field of astral rhythm, in the field of ambient rhythm, the while finale is flirting with a sort of rock for zombies which are tired of surviving. "Three of a Kind" doesn't lose time to start things up. This very good movement for sequencer starts with a suite of arpeggios which skips like balls over a conveyor in madness. Uniting their various crystalline tones and catching a good bass line which rolls such as a fictitious train, the movement espouses then a down-tempo solidified by the percussions. Glass arpeggios sparkle in all directions, oscillating and swirling with a harmonious texture while the keyboard tries to follow the parade and while the rhythm starts to gets slowly more undulatory and even a bit spasmodic Two minutes farther and the percussions get back to kick up a good up-tempo. Sometimes freed from an ambient imprint and sometimes smothered by the mass of the weight of the sequences, "Three of a Kind" evolves with its phases of morphic dance or by crossing its identities and flowering its velocities with a silvered transparency in its arpeggios whereas percussions remain sober and the synth as well the keyboard are just as much. This is this kind of EM unique to the signature of the Rumanian synth wizzard.
There are still very good movements, even if the feeling to be the happy prisoner of the same hypnotic structures, of cerebral catalepsy in this last segment of the Diamond series. And "Innerspace" is a very beautiful one. Its introduction is linked to its title with layers of intersidereal atmospheres and with lunar orchestrations which waltz and intertwine their floating washes between thick clouds of global sediments and the sighs of big cosmic mammals. A line of throbbing pulsation proposes a cardiac movement of an Alien and isolates a structure of rhythm which gallops constantly through a tide of interstellar winds. This mass of sounds and of urges grows up in a stroboscopic effect while gets grafted a plethora of percussive effects which make the percussions even more ear-catchy. Let's add to it breaths of mist and synth airs on this long structure of which the velocity remains latent and we have the best of Indra puts in less than 20 minutes. "La Cappella" ends this last chapter of the Diamond series with a good structure of down-tempo where we let float our bodies on a floor of mist. Layers of voices, sometimes discreet and sometimes very present, go and come between the shocks of the sonic hoops and of the effects of echoes of the chords which are less hard-hitting and less catchy than these knocks of a pugnacious bass line which hits us into the kidneys. A good down-tempo as lively as meditative!
I admit it! I am and remain an enthusiastic fan of Indra and his music. And it's been a while. I like his long evolutionary structures decorated of sound honey and of transcendental poetry. A little more ethereal than Diamond Four, this “Diamond Five” still has again and always these catchy elements which make of his minimalist music a delight to let devour our ears and sometimes even our brain!

Sylvain Lupari (April 13th, 2018) *****
You will find a way to buy this album on Indra's Bandcamp
Rien de plus, rien de moins, “Diamond Five” poursuit les mêmes routes de poésie minimaliste qui forgent les 5 albums de cette section Diamond du barde roumain. Des murmures d'une chorale de castrats recouvrent d'une nappe de voix éthérées les miels soniques qui décorent la nébuleuse ouverture de "Elegy for Theya". Les nappes de synthé flottent oisivement dans les caresses de ces voix d'eunuques qui parfois étirent leurs tendresses juvéniles avec une gradation de drame dans leurs octaves. Lent et méditatif, "Elegy for Theya" condamne ses 7 premières minutes sur ces chants et autres murmures sur des nappes de synthé aux parfums anesthésiant. Des pulsations émergent d'une dense brume céleste après ces 7 minutes. Ses battements sont aussi doux qu'un cœur en état d'hibernation et synchronisent le beat ambiant avec ce bassin de voix chastes et d'autres effets électronique miroitant. De pas grand-chose, Indra fait de grandes choses car le musicien roumain est passé maître dans l'art de la MÉ minimaliste. Comme ici où sa prose hypnotique, toujours nimbée de nappes de synthé chloroformées, nous rive à nos écouteurs. "Mar" suit les mêmes préceptes mais avec un peu plus de tonus dans le rythme qui cette fois-ci est sculptée sur un mouvement rotatoire du séquenceur. L'oscillation des accords propose des nuances dans la couleur et les battements et Indra rajoute peu à peu ses éléments soniques qui font les charmes de ses talents d'hypnotiseur sonique. Ici ce sont des pulsations gorgées de résonnances, des cliquetis, des percussions dont les coups aléatoires amplifient ce charme Indra, parce que l'on sent que quelque chose n'est plus à sa place, et finalement de fins solos de synthé charmeurs de sens. La marche sphéroïdale de "Mar" propose une douce vélocité, à peine amplifiée, tant dans la cadence que ce mouvement rotatif du séquenceur dont les accords harmoniques tintent de plus en plus. Vélocité ou pas, percussions ou non, la séduisante progression de "Mar" reste tout de même dans le domaine du rythme astral, du rythme ambiant, alors que la finale s'approche à du rock ambiant pour zombies fatigués de survivre. "Three of a Kind" ne perd pas de temps à se mettre en marche. Ce très bon mouvement pour séquenceur démarre avec une suite d'arpèges qui sautille comme des billes en folies sur un convoyeur. Unissant leurs différentes tonalités cristallines et s'agrippant à une bonne ligne de basse qui roule comme un train fictif, le mouvement épouse alors un down-tempo solidifié par les percussions. Les arpèges de verre pétillent en tous sens, oscillant et tournoyant avec une texture harmonique alors que le clavier tente de suivre la parade et que le rythme devient lentement plus ondulatoire et même un brin spasmodique. Deux minutes plus loin et les percussions reviennent animées un bon up-tempo. "Three of a Kind" évolue donc avec ses phases de musique de danse morphique à la Indra. Tantôt affranchie d'une empreinte ambiante et tantôt étouffée par la masse du poids des séquences, le rythme évolue en entrecroisant ses genres et ses vélocités avec une limpidité argentée dans ses arpèges alors que les percussions restent sobres et que le synthé et le clavier le sont tout autant. C'est le genre de musique unique à la signature du synthésiste Roumain.
Il y a encore de très bons mouvements, même si l'impression d'être le bienheureux prisonnier des mêmes structures hypnotiques, de catalepsie cérébrale dans ce dernier segment de la série Diamond. Et "Innerspace" en est un très beau. Son introduction est en rapport avec son titre avec des nappes d'ambiances intersidérales et des orchestrations lunaires qui valsent et entrecroisent leurs nappes flottantes entre des nuées de sédiments planétaires et des soupirs de gros mammifères cosmiques. Une ligne de pulsation vrombissante propose un mouvement cardiaque d'un Alien et isole une structure de rythme qui galope continuellement dans une marée de vents interstellaires. Cette masse de sons et de pulsions grandit en un effet stroboscopique alors que s'ajoute une pléthore d'effets percussifs qui rend les percussions encore plus séduisantes. Ajoutons à cela des souffles de brume et des chants de synthé sur cette longue structure dont la vélocité reste latente et nous avons là le meilleur d'Indra condensé en moins de 20 minutes. "La Cappella" termine ce dernier chapitre de la série Diamond avec une belle structure de down-tempo où nous laissons flotter nos corps sur un plancher de brume. Des nappes de voix, tantôt discrète et tantôt très présentes, vont et viennent entre les chocs des cerceaux soniques et des effets d'échos d'accords qui sont moins percutants et moins accrocheurs que ces coups d'une ligne de basse pugnace qui nous rentre dans les reins. Un bon down-tempo aussi entraînant que méditatif!
Je m'accuse! Je suis et reste un inconditionnel de la musique d'Indra. Et cela fait un bail. J'aime ses longues structures évolutives ornées de miel sonique et de poésie transcendantale. Un peu plus éthéré que Diamond Four, ce “Diamond Five” possède encore et toujours ces éléments accrocheurs qui font de sa musique minimaliste un délice pour se laisser dévorer les oreilles et parfois même le cerveau!

Sylvain Lupari (13/04/18)

mercredi 11 avril 2018

JACK HERTZ: The Last Songs of a Dying Tribe (2018)

“In the field of ambient, tribal and progressive as neo-psychedelic; The Last Songs of a Dying Tribe is not for all ears but it's worth an ear”

1 Fragrant Perfume of Pleasant Memories 5:34
2 Nyami Nyami Swells the Zambezi 5:13
3 As if There is No Afterlife 4:15
4 On Being Ancient, a Faculty for Surviving Disorder 10:44
5 Blame it on Tomorrow 4:06
6 Arabesque Forms in Pale Blue and Browns 4:30
7 Lost to the Ignorance of Progress 8:46
8 History, a Computer Stored in Tomorrow 14:16
9 Charred n'Pulsed 6:32
10 The Last Song of a Dying Tribe 5:35

Aural Film Music (CD/DD: 69:38)
(Tribal ambient, prog & neo-psychedelic EM)
   **Chronique en français plus bas**

Welcome in the universe of boldness and sound explorations of the most avant-gardist, if not of the most audacious, of Jack Hertz. This musician of San Francisco, with a name too much predestined for the genre, is to the sound experiments what Steve Roach is for the big landscapes of atmospheres, as meditative than ethnic, in this universe where the borders between EM and abstract music meet without completed each other nonetheless. The one who is behind the Aural Film label is also this kind of artist who lays down all of his inspirations on a big sonic painting with tone colors in movement. To give you an idea, his name appears to the credits of a dozen albums in 2016 and near about ten the next year. “The Last Songs of a Dying Tribe” is his first album in 2018. As its title indicates it, it's about an incursion in the clanic music. In the World music with a strong scent of psybient and where, as its reputation precedes him straightaway, Jack Hertz fills up our ears to the top. And no, “The Last Songs of a Dying Tribe” isn't for all ears!
Let's describe the little "Fragrant Perfume of Pleasant Memories". This title, nevertheless very attractive by the name, loosens the thoughts box of the American musician with nice perfumes of Ishtar. Chords of sitars and of other guitars of the Middle East dance such as acrobats under THC effects on a plethora of percussions of which the tom-toms resound with an elastic shape as the various bass lines. We float as much as in the Bayous as in the dunes with a shape of rhythm as soft as a Groove without spirit while the harmonies flog the vibes with gaps not very too subtle between the watch towers. In a collage of effects and various chords in ambiences always a little plasticized in some rubbery plastic, "Nyami Nyami Swells the Zambezi" is closer to anti-music zones whereas "As if There is No Afterlife" makes adjustment with a fascinating bucolic ballad always sat on a roaring bass, which stretches its thoughts, and nice Islands percussions. There are many organic elements on this music slightly tinted with a Jazz without borders. "On Being Ancient, a Faculty for Surviving Disorder" is a rather interesting title with its slow aboriginal structure which derives between layers of drones and of guttural effects, cementing an alliance between onirism and esotericism. One has to be responsible for his eardrums and to listen to the music at low volume in a headset or in high volume in the desert, because your neighbors risk to get you out of your house, in front of a good campfire in the desert if you want to be able to communicate with the ancestors. "Blame it on Tomorrow" proposes another sampling of percussive effects and of muddy noises which slumber in a Mexican savanna. You see the kind? Everything is possible for the imagination in the universe Jack Hertz, suffice to jump in his artistic path which is far from being commonplace in the end. In this ocean of improbabilities are also hiding some pretty nice pearls of creativity as that of "Arabesque Forms in Pale Blue and Browns" which reminds me, and it's a rather distant souvenir, of the Tom Newman's serenades of folk in the Bayous. A pinch of blues and vapors of Jazz and we ask for more of it! And as if by magic, I notice that my ear gets used to the music of Jack Hertz which becomes strangely more ear catchy once the volume of the sound is well adjusted. "Lost to the Ignorance of Progress" proposes again these organic atmospheres with an even stranger touch, probably because of the synth layers loaded by savors of ether. The structure is halfway between Jazz and the rhythms of the World with a zest of Krautrock. "History, a Computer Stored in Tomorrow" is the most ambient piece of music in the genre of EM in this album. Morphic synth layers try to put to sleep the numerous stars and their stellar ariettas whereas the percussions put easily to sleep our senses with a soft hypnotic progression. This is good Berlin School of the Klaus Schulze era which ends in an electronic confusion, like in the good contemporary Schulze. "Charred n' Pulsed" brings us back to this elastic-plastic prose of the first titles in “The Last Songs of a Dying Tribe” with a little prehistoric mordant, kind of Zero Ohms or yet Chronotope Project, while the title-track tests again the tolerance of my eardrums.
Yes, I had to work hardly in this first ear meeting with the music of Jack Hertz. But that been worth it because I discovered some very interesting things and especially an innate sense to well embellish in sounds and in colors of tones all the images of his visions. It's in the field of ambient, tribal and progressive as neo-psychedelic EM. Rare fact, I appreciated better the music of “The Last Songs of a Dying Tribe” with my Totems loudspeakers instead of my Focal earphones.
Sylvain Lupari (April 11th, 2018)
You will find this album on the Bandcamp page of Jack Hertz 
Bienvenue dans l'univers d'audace et d'explorations sonores des plus avant-gardistes, sinon audacieuses, de Jack Hertz. Ce musicien de San Francisco, avec un nom trop prédestiné pour le genre, est aux expérimentations sonores ce que Steve Roach est aux grands paysages d'ambiances, tant méditatives qu'ethniques, dans cet univers où les frontières entre la MÉ et la musique abstraite se croisent sans pourtant se compléter. Celui qui est derrière le label Aural Film est aussi ce genre d'artiste qui couche toutes ses inspirations sur une grande toile sonore aux couleurs en mouvement. Pour vous donner une idée, son nom apparaît au générique d'une douzaine d'albums en 2016 et près d'une dizaine l'année suivante. “The Last Songs of a Dying Tribe” est son premier album en 2018. Comme son titre l'indique, il s'agit d'une incursion dans la musique clanique. Dans la musique du monde avec une forte odeur de psybient et où, comme sa réputation le précède d'emblée, Jack Hertz en met plein les oreilles. Et non, “The Last Songs of a Dying Tribe” n'est pas pour toutes les oreilles! 
Décrivons un peu "Fragrant Perfume of Pleasant Memories". Ce titre, pourtant très attirant par le nom, délie la boîte à pensées du musicien Américain avec des parfums d'Ishtar. Des accords de sitars et autres guitares du Moyen Orient dansent comme des acrobates sous effets de THC sur une pléthore de percussions aux tam-tam aussi élastiques que les différentes lignes de basses. On flotte autant dans les bayous que dans les dunes avec une figure de rythme aussi mou qu'un Groove sans corps alors que les harmonies flagellent les ambiances avec de pas trop subtils décalages entre les tours de garde. Un collage d'effets et d'accords dans des atmosphères toujours un peu plastifiées dans du plastique caoutchouteux, "Nyami Nyami Swells the Zambezi" est plus près des zones anti-musiques alors que "As if There is No Afterlife" rectifie le tir avec une fascinante ballade bucolique toujours arquée sur une basse ronflante, qui étire ses songes, et de belles percussions des Îles. Il y a beaucoup d'éléments organiques sur cette musique légèrement teintée de Jazz sans frontières. "On Being Ancient, a Faculty for Surviving Disorder" est un titre assez intéressant avec sa structure aborigène lente qui dérive entre des nappes de drones et d'effets gutturaux, cimentant une alliance entre l'onirisme et l'ésotérisme. Il faut être responsable de ses tympans et l'écouter à faible volume dans un casque d'écoute ou à haut volume dans le désert, parce que vos voisins risquent de vous sortir de chez vous, auprès d'un bon feu pour pouvoir communiquer avec les ancêtres. "Blame it on Tomorrow" propose un autre échantillonnage d'effets percussifs et de bruits boueux qui sommeillent dans une savane Mexicaine. Vous voyez le genre? Tout est possible pour l'imagination dans l'univers Jack Hertz, suffit de s'investir dans son cheminement artistique qui est loin d'être banal au final.
Dans cette océan d'invraisemblances se cachent aussi de belles perles de créativité comme celle de "Arabesque Forms in Pale Blue and Browns" qui me fait penser, et c'est assez lointain, aux sérénades folkloriques des bayous de Tom Newman. Un soupçon de blues et des vapeurs de Jazz et on en redemande! Et comme par magie, je remarque que mon oreille s'est accoutumé à la musique de Jack Hertz qui devient drôlement plus séduisante une fois le volume du son est bien ajusté. "Lost to the Ignorance of Progress" propose toujours ces ambiances organiques avec une touche encore plus étrange, probablement à cause des nappes de synthé aux parfums d'éther. La structure est à mi-chemin entre du Jazz et des rythmes du Monde avec un zest de Krautrock. "History, a Computer Stored in Tomorrow" est le titre le plus ambient dans le genre MÉ de cet album. Des nappes de synthé morphiques tentent d'endormir les nombreuses étoiles et leur ariettes stellaires alors que des percussions endorment sans peine nos sens avec une douce progression hypnotique. Du bon Berlin School du temps de Klaus Schulze qui se termine dans une confusion électronique, comme dans du bon Schulze contemporain. "Charred n'Pulsed" nous ramène dans la prose élastique-plastique des premiers titres de “The Last Songs of a Dying Tribe” avec un petit mordant préhistorique, genre Zero Ohms ou encore Chronotope Project, alors que la pièce-titre teste encore la tolérance de mes tympans.
Oui, j'ai dû travailler fort dans ce premier rendez-vous avec la musique de Jack Hertz. Mais ça valu le coup car j'ai découvert des choses bien intéressantes et surtout un sens inné pour bien imager en sons et en couleurs des tons le sens, à tout le moins sur cet album, de ses visions imaginaires. C'est dans le domaine d'une MÉ ambiante, tribale et autant progressive que néo-psychédélique. Fait rare, j'ai mieux apprécié la musique de “The Last Songs of a Dying Tribe” avec mes Totems au lieu de mes écouteurs Focal.
Sylvain Lupari 11/04/18

mardi 10 avril 2018

OTARION: Under Surface (2018)

“Under Surface is another great blend of e-rock, EDM and classical New Berlin School always filled by the touching romanticism of Faber”
1 Prelude 3:47
2 Behind the Doors 7:01
3 The Abandoned Place 2:19
4 Under Surface 10:59
5 Refractions 6:13
6 A Different View 9:33
7 The Best Time 7:12
8 A Glance Up 6:19
9 Go Out 8:54
10 Arrived 8:12

MellowJet Records | cdr-ot1801 (CD/DDL 70:33)
(Electronic, Symphonic Rock)
   **Chronique en français plus bas**

It feels good to renew with the music of Otarion! Rainer Klein is second to none to bring the listener through a musical epic where the emotions run hypersensitive on structures in movement. Sometimes shaken by shocks of EDM, jostled by a solid electronic rock dipped into the New Berlin School style or yet by great symphonic rock, “Under Surface” sneaks between various phases of an always touching and overwhelming EM guided by strong orchestrations. At this level, aromas of the superb Genius combined to the rock vision of Decide are floating all around this last album of Otarion. What is far from being bad!
A very sober piano covers of its nostalgia a cloud of white noises which unties "Prelude" of the first silences of “Under Surface”. And as our senses ask to be more touched by Rainer Klein's tenderness, a cello and a voice add to this suspense of melancholic moods which find its outcome of musical tragedy with dense orchestrations of one finale in search of its genesis. Noises of jingles and hinges of doors, we enter in the core of the atmospheres of “Under Surface” by "Behind the Doors". Its introduction is signed of mysticism and romanticism with effects, layers of synth and a celestial voice. A guitar and its drawling riffs give a look of rock slow and heavy to an ambient music which bursts into a good symphonic rock filled with ambiospherical twigs where the drum, and effects of electronic percussions, straighten a more electronic dimension accentuated by good synth solos. "The Abandoned Place" is like a little cloud of sounds and ambient elements which ties two poles. Its junction between "Behind the Doors" and the title-track, which throws itself between our ears with big carillons and whispers of terns, is nicely just in time and in tones. "Under Surface" is a title which does very electronic rock of Tangerine Dream's Sonic Poem Series or yet the Quantum Years. The structure of rhythm is fed with a meshing of these thousands of small felted steps which run in circle and a bass line a little bit round, kind of Groove. Music becomes more rock energetic after the point of the 4 minutes with a lively drum and by riffs of which the charms bite the dust behind a delicious veil of sonic shenanigans and reverberating effects. The decor is rich of its sibylline atmospheres which roam behind good guitar solos. The last riff of a dying solo and the overexcited vibes are fading in a second very ethereal half of "Under Surface" with a quite touching Otarion on the piano. "Refractions" lands between my ears in a dress of a superb down-tempo marinated in psybient moods. It's the title as unexpected that very surprising which peels my emotions minute by minute with a little more rock reorientation and a striking velocity knotted around these series of riffs in loop which belong to the repertoire of U2 or still Coldplay.
These riffs also spice up the various evolutionary steps of "A Different View", and other rock moments in this album, which is a good rock with its phases of ambient romanticism. It's a skillful mixture between rock and EM with strands of stroboscopic sequences that crumble their jerks in the lively and striking strikes from the drum. Casted in the same mold of EM evolving by slices, "The Best Time" proposes an introduction in halftone with lost chords and jingles which run away through a veil of sibylline atmospheres. A series of pulsations united this opening with an approach which tilts to another rock well hammered by percussions with strikes always so clear and precise, bringing "The Best Time" towards a theatrical rock of the Picture Palace Music kind. Slow, sensual and ethereal, "A Glance Up" is a beautiful lunar slow dance. The drum hammers a muted and heavy rhythm while the arpeggios swirl as in a bed song of the Halloween theme. The title fattens its passion and its heaviness, while giving a small boost for a short period of rock before returning in a more lunar phase. "Go Out" takes back the road of rock beats such as "A Different View" and the title-track. The rhythm is nervous and squats in a semi-ambient and semi-animated structure before forcing a phase of big rock at the very end. "Arrived" ends this tangible suite to the album Decide with a good vaporous intro where the theatrical side of Otarion breathes of its perfumes of mysticism. Voices lost in the wind, somber piano and dramatic effects decorate this introduction sewn in Mephistophelian silk while gradually the rhythmic ride settles down. Last riffs and last solos of guitar, "Arrived" rushes towards a more electronic finale before leaving a last breath which is going to start again another debate … Is it the best of Otarion? I would say the best since Genius!

Sylvain Lupari (April 10th, 2018) *****
You will find this album on the MellowJet Records shop
Ça fait du bien de renouer avec la musique d'Otarion! Rainer Klein n'a pas son pareil afin d'amener l'auditeur à travers une épopée musicale où les émotions courent à fleur de peau sur des structures en mouvement. Tantôt agité par des secousses d'EDM, de rock électronique trempé dans le New Berlin School ou encore par du gros rock progressif symphonique, “Under Surface” se faufile entre différentes phases d'une MÉ toujours émouvante et bouleversante guidée par de solides orchestrations. À ce niveau, des arômes du superbe Genius combinés à la vision rock de Decide flottent tout autour de ce dernier album d'Otarion. Ce qui est loin d'être mauvais!
Un très sobre piano recouvre de sa nostalgique le nuage de bruits blancs qui détache "Prelude" des premiers silences de “Under Surface”. Et comme nos sens demandent à être plus touchés par la tendresse de Rainer Klein, un violoncelle et une voix ajoutent à ce suspense d'ambiances mélancoliques qui trouvent son dénouement de tragédie musicale avec les denses orchestrations d'une finale à la recherche sa genèse. Bruits de cliquetis et de gonds de porte, nous entrons dans le cœur des ambiances de “Under Surface” par "Behind the Doors". Son introduction est signée de mysticisme et de romantisme avec des effets, des nappes de synthé et une voix céleste. Une guitare et ses riffs traînants donnent une allure de rock lent et lourd à une musique d'ambiances qui éclate pour du bon rock symphonique rempli de brindilles ambiosphériques où percussions, et effets de percussions électroniques, réajustent une dimension plus électronique accentuée par de bons solos de synthé. "The Abandoned Place" est comme un petit nuage de sons et d'ambiances qui attache deux pôles. Sa jonction entre "Behind the Doors" et la pièce-titre, qui se jette entre nos oreilles avec de gros carillons et des chuchotements de sternes, est tout à fait à point. "Under Surface" est un titre qui fait très rock électronique de la période Sonic Poem Series ou encore The Quantum Years par Tangerine Dream. La structure de rythme est nourrie avec un maillage de ces milliers de petits pas feutrés qui courent en rond et une ligne de basse un peu ronde, genre Groove. La musique devient plus rock énergique après la barre des 4 minutes avec une batterie très entraînante et des riffs dont les charmes mordent la poussière derrière un délicieux voile de grenouillages sonores et d'effets réverbérants. Le décor est riche de ses ambiances sibyllines qui rôdent derrière de bons solos de guitare. Le dernier riff d'un solo mourant et les ambiances survoltées se fondent dans une seconde moitié très éthérée de "Under Surface" avec un Otarion tout touchant au piano. "Refractions" atterrit entre mes oreilles dans un habit d'un splendide down-tempo mariné dans du psybient. C'est un titre aussi inattendu que très surprenant qui pèle mes émotions de minute en minute avec réorientation un peu plus rock et une saisissante vélocité nouée autour de ces séries de riffs en boucles qui appartiennent au répertoire de U2 ou encore Coldplay.
Ces riffs assaisonnent aussi les différentes étapes évolutives de "A Different View", ainsi que d'autres moments très rock de cet album, qui est un bon rock avec ses phases de romantisme ambiant. C'est un habile mélange entre le rock et l'électronique avec des filaments de séquences stroboscopiques qui émiettent leurs saccades dans des frappes de batterie vives et saisissantes. Coulé dans le même moule de MÉ évoluant par tranches, "The Best Time" propose une introduction en demi-teinte avec des accords perdus et des cliquetis qui fuient sur un voile d'ambiances sibyllines. Une série de pulsations unie cette ouverture avec une approche qui penche vers un autre rock bien martelé par des percussions aux frappes toujours aussi nettes et précises, amenant "The Best Time" vers un rock théâtral du genre Picture Palace Music. Lent, sensuel et éthéré, "A Glance Up" est un beau slow tempo lunaire. La batterie martèle un rythme sourd et pesant alors que des arpèges tournoient comme dans une comptine du thème Halloween. Le titre engraisse sa passion et sa lourdeur, tout en donnant un petit coup d'accélérateur pour une courte période de rock avant de revenir dans une phase plus lunaire. "Go Out" reprend le collier des titres tel que "A Different View" et la pièce-titre. Le rythme est nerveux et squatte une structure mi- ambiante et mi- animée avant de forcer une phase de gros rock à la toute fin. "Arrived" termine cette suite tangible à l'album Decide avec une belle intro vaporeuse où le côté théâtral d'Otarion respire de ses parfums de mysticisme. Voix perdues dans le vent, piano sombre et effets dramatiques ornent cette introduction cousue dans de la soie méphistophélique alors que graduellement la chevauchée rythmique s'installe. Derniers riffs et derniers solos de guitare, "Arrived" fonce vers une finale plus électronique avant de laisser un dernier souffle qui va repartir un autre débat… Est-ce le meilleur d'Otarion? Je dirais le meilleur depuis Genius!

Sylvain Lupari 09/04/18