lundi 27 novembre 2017

JEFFREY KOEPPER: Transmitter

“Polymorphic rhythms which melt in a load of analog synth waves, this Transmitter should be one of the best albums to have been played and recorded on the waves of WXPN-FM in Philadelphia”
1 Whirl 6:43
2 Ions 6:28
3 Tides 3:07
4 Quasar 11:13
5 Darkness 15:17
6 Halo 5:52
7 Clouds 9:34

Projekt ‎| PRO 348 (CD/DDL 58:19)
(Mix of Berlin and Pacific Schools)
Even in a night-mass, Jeffrey Koepper stays beyond his brothers of sounds with a fascinating obsession for analog synths and sequencers. Recorded within the framework of the mythical radio show Star's End, “Transmitter” is one of the very good albums of cosmic EM to have been played and recorded on the waves of WXPN-FM in Philadelphia. A radio program scheduled in the last hours of Sunday, the music which is usually performed is rather of a relaxing nature. But on this Sunday of June 18th 2017, Jeffrey Koepper had other plans and overpassed this tradition by imposing a quiet music for sure, but among which the numerous changes of forms in the structures of rhythms and the piles of layers in colors as sharpened as harrowing have merged into an impressive cosmic mosaic which is unique to the very stylized signature of Jeffrey Koepper.
It's with a torrid sweetness that "Whirl" spreads the sound field of the next 58 minutes of “Transmitter”. A piercing synth layer, (I have perfumes of bagpipe in my ears) throws its spot of tones which undulates and spreads out with a mute impulse in the movement, giving free rein to a bass line which stretches its pulsations and to a sequencer movement which aligns 7 or 8 jumping keys. These keys structure an ambient rhythm with agile harmonious capers which weave a first musical itch of this crepuscular electronic mass. If the rhythm disappears, it's not the same thing of this sinuous wave which penetrates into the spheres of "Ions". This dense resounding wave is shining now with its outlines decorated with a parasitic texture and fleet until exhilarate another stream of sequences fidgeting as benches of smelts on the surface of a water cooked by a penetrating sun. Here, the marriage of the rhythm and of the ambiences is more in symbiosis than the splendid imperfection of the minimalist movement of "Whirl" which was clearly early ahead of the floating and migratory layers. Frenzied and lively, this perfect balance is like the brilliance of scarlet rocks beneath a water excited by swirling winds. "Tides" follows then with a multitude of reverberations which twirl as in an effect of kaleidoscope, weaving lines in circles as much indomitable as the strands of a cotton candy making its perfect ball.
But time is missing and this circular cloud gets undone little by little when "Quasar" loosens the secrets of Jeffrey Koepper's sequencer. Here the sequences swirl and dance lightly in a horizontal spiral with more bright shadows and echoes. That gives a surprising fight between the shade and the light, between unstable movements of the sequencer and of its mini crossroads of rhythm always in reconstruction under a growing storm of the synth and of its sound reflections which sound so much like being stolen to the universe of Software. It's from there moreover that the impressive "Darkness" makes its entrance. At the beginning, the movement is shy. The sequences skip in the steps of others with a gyrating effect. A sensation of velocity doesn't take time to be felt. Since "Quasar", we are in the core of “Transmitter” with some starving evolutionary rhythms which exchange their tones, here it's organic, with the same fluidity as the permutations between the gravitation phases of the rhythms. In this "Quasar", the minimalist approach shows two contrasts in the ornamentation as rhythmic as harmonious of the sequencer with Robert Schroëder's cackling tones and with strands which little by little exchange the trifling skipping into a fine jerky movement. These stroboscopic jolts travel slowly over the differences in level of a soundscape sieved of dark lights, disquieting synth layers and other ones which will remind to some of you the delights and the solos perfumed of Tangerine Dream's fascinating melodies in the years pre White Eagle. Little by little "Quasar" weakens its rhythmic charms to plunge this night concert towards a more meditative phase with "Halo", which we find moreover on the MantraSequent album, and "Clouds" which adopts marvelously the slow curves of "Halo" but with more of mordant into the effects of loops and reverberations. The synth layers invade the atmospheres with a horde of tones which flirt a little with the effects of radioactivity and of white noises, and which have decorated pleasantly the soundscapes of “Transmitter” since "Whirl", pushing the awakening of the sequencer which traces the last stroboscopic stammering of one of Star End's most beautiful night concerts.
Sylvain Lupari (November 27th, 2017) ****¼*

You will find this album on Projekt Bandcamp
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CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Même dans une messe nocturne, Jeffrey Koepper reste au-delà de ses confrères de sons avec une fascinante obsession pour les équipements analogues. Enregistré dans le cadre du mythique show de radio Star's End Radio Broadcast, “Transmitter” est l'un des très beaux albums de MÉ cosmique à avoir été conçu sur les ondes du WXPN-FM à Philadelphie. Une émission de radio programmée aux dernières heures de la journée du dimanche, la musique qui y est habituellement performée est plutôt de nature relaxante. Mais en ce dimanche du 18 Juin 2017, Jeffrey Koepper a fait fi de cette tradition en imposant une musique certes apaisante, mais dont les nombreux changements de formes dans les structures de rythmes et les amoncellements de nappes aux couleurs autant acérées que mystifiantes se sont fondus en une impressionnante mosaïque cosmique qui est unique à la signature très stylisée de Jeffrey Koepper.  
C'est avec une douceur torride que "
Whirl" étend le champ sonique des 58 prochaines minutes de “Transmitter”. Une nappe de synthé perçante (j'ai des parfums de cornemuse dans les oreilles) lance sa tache de tons qui ondoie et s'étale avec une sourde impulsion dans le mouvement, donnant libre cours à une ligne de basse qui étire ses pulsations et à un mouvement de séquenceur qui aligne 7 ou 8 ions soniques. Ces ions structurent un rythme ambiant avec d'agiles cabrioles harmoniques qui tissent un premier ver d'oreille de cette messe électronique crépusculaire. Si le rythme disparaît, il n'en n'est rien de cette onde sinueuse qui pénètre les sphères de "Ions". Cette dense onde réverbérante rayonne maintenant de ses contours ornés d'une texture parasitaire et flotte jusqu'à émoustiller une autre kyrielle de séquences frétillant comme des bancs d'éperlans à la surface d'une eau cuite par un soleil pénétrant. Ici, le mariage du rythme et des ambiances est plus en symbiose que la superbe imperfection du mouvement minimaliste de "Whirl" qui était nettement en avance sur l'amas de nappes flottantes et migratrices. Frénétique et vivant, ce parfait équilibre est comme le miroitement de roches écarlates sous une eau excitée par des vents tourbillonnants. "Tides" suit avec une multitude de réverbérations qui tournoient comme dans un effet de kaléidoscope, tissant des lignes en cercles aussi indomptables que les filaments d'une barbe à papa en train de faire sa boule parfaite.
Mais le temps manque et ce nuage circulaire se défait peu à peu lorsque "
Quasar" délie les secrets du séquenceur de Jeffrey Koepper. Ici les séquences tournoient et dansottent dans une spirale horizontale avec des ombres plus lumineux. Cela donne un étonnant combat entre l'ombre et la lumière, entre des mouvements instables du séquenceur et de ses mini carrefours de rythme toujours en reconstruction sous une tempête grandissante du synthé et de ses reflets soniques qui sonnent comme dans l'univers de Software. C'est de là d'ailleurs que l'imposant "Darkness" fait son entrée. Au début, le mouvement est timide. Les séquences sautillent dans les pas des autres avec un effet giratoire. Une sensation de vélocité ne tarde pas à se faire sentir. Depuis "Quasar", nous sommes dans le cœur de “Transmitter” avec des rythmes évolutifs qui échangent leurs tonalités, ici elle est organique, avec la même fluidité que les permutations entre les phases de gravitation des rythmes. Dans ce "Quasar", l'approche minimaliste affiche deux contrastes dans l'ornementation tant rythmique qu'harmonique du séquenceur avec des caquètements à la Robert Schroeder et des filaments qui peu à peu échangent les sautillements anodins en un fin mouvement saccadé. Ces soubresauts stroboscopiques arpentent doucement les dénivellations d'un paysage sonique tamisé de lueurs sombres, de nappes de synthé angoissantes et d'autres qui rappelleront chez certains d'entre vous les délices et les solos parfumées de fascinantes mélodies de Tangerine Dream dans les années pré White Eagle. Peu à peu "Quasar" étiole ses charmes rythmiques afin de plonger ce concert nocturne vers une phase plus méditative avec "Halo", que l'on retrouve d'ailleurs sur l'album MantraSequent, et "Clouds" qui épouse à merveille les lentes courbes de "Halo" mais avec plus de mordant dans les effets de boucles et de réverbérations. Les nappes de synthé envahissent les ambiances avec une horde de tonalités qui flirtent un peu avec les effets de radioactivité et de bruits blancs, qui décoraient agréablement le paysage sonique de “Transmitter” depuis "Whirl", poussant le réveil du séquenceur qui trace les derniers balbutiements stroboscopiques d'un des plus beaux concerts nocturnes de Star's End.

Sylvain Lupari (27/11/2017)

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